Anne Warsmann - 3F/Immobilière Rhône-Alpes : « La mixité femmes-hommes est plus que jamais nécessaire »

Publié le 18/04/2017
RH

Anne Warsmann, directrice générale d’Immobilière Rhône-Alpes (3F), est l’une des rares femmes à diriger une Entreprise sociale pour l’habitat (ESH). Si les questions d’égalité femmes-hommes l’interpellent, elle souligne qu’au sein de sa société, le sujet ne se pose pas. Entretien en toute franchise.
 

Anne Warsmann
Anne Warsmann

Vous êtes, depuis fin 2015, à la tête d’Immobilière Rhône-Alpes, l’une des plus importantes ESH de la région Rhône-Alpes. Quelles sont vos priorités d’action depuis votre nomination ?

Il faut savoir que la région Rhône-Alpes est un territoire en forte croissance économique et démographique et, qu’à ce titre, elle a un vrai besoin de logements. C’est pourquoi l’un des axes importants de l’activité d’Immobilière Rhône-Alpes (IRA) réside dans la production de nouveaux logements. C’est un sujet-clé pour nous, un sujet que je suis depuis longtemps puisque j’étais, antérieurement à ma nomination, directrice du développement et de la construction d’IRA.
Nous avons aussi d’autres priorités telles que les investissements sur notre patrimoine de 18 000 logements ou encore le service aux locataires avec un objectif affirmé de maintien ou d’amélioration de nos résultats de gestion. 
Si la dynamique est porteuse, il n’en reste pas moins que, sur certaines zones en déclin, comme par exemple le bassin de Saint-Etienne (42), nous intervenons non seulement pour maintenir ou développer l’attractivité de nos logements mais agissons aussi sur des problématiques plus complexes comme les démolitions. 
Enfin, nous attachons une grande importance à l’évolution de nos équipes et veillons à mettre en place un environnement attractif en matière de formation, de parcours ou encore d’évolution des conditions de travail. 
L’activité est donc aussi riche qu’intéressante. Les sujets sur lesquels je travaille sont passionnants : concurrence sectorielle, production dans les zones tendues, adaptation dans les zones détendues, attractivité des territoires, optimisation du patrimoine. Autant de dossiers qui m’amènent à rencontrer différentes parties-prenantes liées au logement social tels que les élu·e·s, les partenaires et évidemment les locataires. 

À votre prise de poste, avez-vous porté un regard particulier sur les questions d’égalité femmes-hommes ?

Si la question est intéressante, je dois avouer que chez IRA elle ne se pose pas puisqu’il y a plus de femmes que d’hommes dans quasiment tous les métiers sauf dans certains métiers dits de proximité. Par ailleurs, notre comité de direction est majoritairement féminin avec trois femmes et deux hommes, ce qui est plutôt rare. IRA a ainsi dans ses instances de pilotage une présidente, une directrice générale et une directrice générale adjointe. L’honnêteté me pousse à dire que rares sont les entreprises qui sont dans la même situation qu’IRA. J’ajoute que l’égalité salariale entre les femmes et les hommes est réelle chez nous, ce dont je me réjouis. 
Il n’en reste pas moins que la mixité est plus que jamais nécessaire. L’entreprise doit être le reflet de la société et porter la diversité dont la présence des femmes constitue l’une des composantes. La mixité est bénéfique puisqu’elle permet de multiplier les points de vue et est porteuse de richesse culturelle et de performance. Si, encore une fois, ce n’est pas une problématique chez nous, il s’agit cependant de préserver cette parité femmes-hommes qui est une des dimensions de la RSE de l’entreprise. Ces questions de mixité et d’égalité femmes-hommes m’interpellent quand je me retrouve dans des instances avec mes homologues où le nombre de représentantes féminines est résiduel. Cela me questionne. Les remarques de certain·e·s élu·e·s qui me disent sur le ton de la plaisanterie qu’ils n’ont pas souvent affaire à une femme sont à cet égard significatives. En fait, on nous remarque uniquement parce que nous ne sommes pas nombreuses. 

On parle souvent d’un mode de management spécifique aux femmes, êtes-vous d’accord ?

Pour moi, il n’y a pas de spécificité féminine dans le management. Chacun, chacune a sa personnalité et son mode de management propre. Cependant, j’observe dans mon entourage que les femmes ont souvent une difficulté à se convaincre qu’elles peuvent accéder à des postes à responsabilités, alors qu’elles ont toutes les compétences. Elles ont tendance à hésiter quant à leur capacité à tenir le poste. Ce qui compte, ce sont les compétences, ni plus ni moins. Personnellement, quand je veux nommer quelqu’un à un poste, je ne me pose pas la question de savoir si c’est une femme ou un homme. Je privilégie les aptitudes et le talent.