Logement des jeunes actif·ve·s : état des lieux  © Sylvie Duverneuil

Logement des jeunes actif·ve·s : état des lieux © Sylvie Duverneuil

Le logement des jeunes : état des lieux 

Publié le 11/07/2017

Les difficultés des jeunes à se loger constituent un frein important à l’emploi. Panorama de l'un des serpents de mer de notre société.  

Si les difficultés d’accès au logement touchent presque indistinctement toutes les catégories de la population française, les jeunes actif·ve·s sont particulièrement affecté·e·s. Les obstacles qu’elles·ils rencontrent pour parvenir à l’autonomie résidentielle sont, pour l’essentiel, d’ordre socio-économique : difficulté à trouver un emploi durable, modicité des revenus, fragmentation des parcours… S’y ajoute un vrai manque de confiance entre les propriétaires, dont les exigences sont toujours plus fortes, et les jeunes locataires. Le niveau des garanties exigées est si élevé que nombre de jeunes doivent renoncer à se loger et sont contraint·e·s de rester – voire de revenir – au domicile familial. 

Par ailleurs, même si le logement social dispose d’une offre spécifiquement dédiée aux jeunes actif·ve·s, son niveau quantitatif reste trop faible au regard de l’importance des besoins, tout particulièrement dans les zones tendues. D’autres facteurs d’ordre familial, tels que se mettre en couple ou encore la naissance d’un enfant, contraignent les jeunes à être mobiles, ce qui les expose davantage à la révision des loyers, avec pour corollaire une augmentation de la part du budget consacrée au logement. 

Un lien indéniable entre difficultés d’accès au logement et taux d’emploi 

Ces difficultés structurelles ont un impact significatif sur l’emploi puisque, chaque année, plusieurs centaines de milliers d’emplois sont, selon le conseil économique, social et environnemental (Cese), non pourvus faute d’accès à un logement. À l’heure où le nombre de logements demeure insuffisant et où l’évolution du parc immobilier ne correspond pas aux attentes des jeunes, il va de soi que les politiques publiques doivent encore et toujours mettre l’accent sur l’accroissement quantitatif de l’offre.

Elles doivent également, au plan qualitatif, adapter leur parc aux besoins des jeunes actif·ve·s par des moyens diversifiés : augmentation de la programmation de logements sociaux de petite taille situés à proximité des transports, accroissement de la construction d’hébergements collectifs dédiés aux jeunes ; augmentation du nombre de jeunes bénéficiant des services Action Logement sans oublier l’exploration de nouvelles pistes : colocation, cohabitation intergénérationnelle… C’est assurément un travail de longue haleine. 

Le logement des jeunes en chiffres

> 1 jeune sur 5 vit en dessous du seuil de pauvreté

> Plus d’un tiers des jeunes ont des difficultés pour payer leur loyer, leurs factures et leurs courses alimentaires

> 1 jeune actif sur 4 est en situation de cohabitation

> 56 % des jeunes actif·ve·s vivant chez leurs parents travaillent

> Plus d’1 jeune actif sur 5 affirme avoir dû revenir au logement familial après une expérience de logement autonome

> Les 25-29 ans consacrent 18,7 % de leurs ressources à se loger, contre 10 % toutes classes d’âge confondues
 

Sources : Baromètre CREDOC/DJEPVA 2016 ;  Union nationale des Missions Locales ; Le logement autonome des jeunes, avis du Conseil économique, social et environnemental (2013)