François Pupponi - Anru : « Le NPNRU nous permet d'aller encore plus loin »

Publié le 22/01/2015

Rencontre avec François Pupponi, président de l'Anru.

François Pupponi
François Pupponi

« Il faudra désormais intégrer des enjeux socio-économiques, éducatifs, environnementaux, à l’échelle de l’agglomération. »

Quelles sont les principales évolutions de stratégie entre le PNRU et le NPNRU ?

Le PNRU, mis en œuvre par l’Anru depuis 10 ans maintenant, est en phase de finalisation. Grâce à notre action conjointe avec élu·e·s, acteur·rice·s des territoires, bailleur·e·s, habitant·e·s, services de l’État, les quartiers se sont considérablement transformés. Avec le NPNRU, instauré par la loi de Programmation pour la ville et la cohésion urbaine de février 2014, nous souhaitons aller encore plus loin, avec une ambition élargie. Inscrits dans les contrats de ville, les futurs Projets de renouvellement urbain (PRU) devront associer davantage les habitantes et les habitants, développer des partenariats avec le secteur privé, favoriser la ville durable... Il faudra désormais intégrer des enjeux socio-économiques, éducatifs, environnementaux, à l’échelle de l’agglomération.
 

Concrètement, quelles sont les prochaines échéances du NPNRU ?

Le NPNRU bénéficiera principalement à 200 quartiers d’intérêt national, là où les difficultés sociales et urbaines sont les plus importantes. Deux cents sites d’intérêt régional seront également repérés par les préfets de région, dans le cadre des négociations des contrats de plan État–Région qui sont en cours. Plus de 5 milliards d’euros, financés grâce au concours d’Action Logement et générant plus de 20 milliards d’euros d’investissements, vont ainsi concerner 2 millions d’habitant·e·s, en métropole et en Outre-Mer. Les contrats de ville devraient être signés d'ici fin juin 2015. Ils comporteront un volet renouvellement urbain qui pourra inclure le protocole de préfiguration de la nouvelle convention ou des orientations, selon l’avancement des territoires, dans l’optique d’engager les premiers travaux à partir de fin 2015.
 

Comment mieux associer les habitantes et les habitants aux projets ?

La concertation avec les habitant·e·s a été mise en place en 2004 et a énormément progressé. Elle est essentielle afin de mieux prendre en compte les besoins des habitantes et les habitants mais aussi de leur apporter une plus grande considération. Afin de renforcer la participation citoyenne, des maisons du projet seront instaurées dans les futurs PRU, et permettront à tous les habitant·e·s de construire, avec les professionnel·le·s et les élu·e·s, une ville au plus près de leurs attentes. L’Anru pense aussi cette association, de façon plus concrète, en matière de gestion urbaine de proximité. Lors de la journée du 13 janvier organisée par l’Anru sur cette thématique, toutes les parties prenantes ont reconnu la nécessité d’accorder une place centrale aux habitant·e·s dans la gestion urbaine de proximité, dès la conception des projets.
 

Dans ces quartiers, la question de l’emploi, du développement économique est centrale. Quelles actions seront menées ?

Cette question est primordiale car le problème du chômage reste criant dans les quartiers en rénovation urbaine. Si le développement économique a déjà été pris en compte dans le PNRU, nous devrons, là aussi, aller plus loin. Au-delà des exonérations fiscales dans le périmètre des projets et dans la bande des 300 mètres, d’autres actions doivent être développées. L’Anru souhaite développer une politique de co-investissement avec des investisseur·euse·s privé·e·s, sur des projets d'immobilier de logements ou de commerces. La Convention du 12 décembre 2014 signée entre l’État et l’Anru relative au programme d’investissements d’avenir définit cette nouvelle politique, qui concernera les quartiers en rénovation urbaine, avec 250 millions d'euros de fonds propres. Un appel à projets devrait être lancé dès le premier trimestre 2015. Par ailleurs, nous allons mettre en place une nouvelle charte nationale d'insertion d'ici la fin du premier trimestre, qui élargira le spectre des acteurs et des actrices concerné·e·s. Nous devons aussi nous attacher à la formation professionnelle des jeunes, notamment en alternance, afin de favoriser l’accès à l’emploi.
 

Quel rôle jouera le Grand Paris ?

La mise en œuvre du métro du Grand Paris Express permettra de désenclaver durablement certains quartiers et d’améliorer l’accès des habitant·e·s aux pôles d’emploi et aux services de la région-capitale. La Courneuve, Sevran, Clichy-Montfermeil, Aulnay, Gennevilliers... et bien d’autres villes seront concernées. L’implantation des gares constituera également l’opportunité de poursuivre la transformation des quartiers déjà engagée et de consolider les dynamiques de développement. L’émergence des nouvelles agglomérations, la création de la Métropole du Grand Paris vont donner une réelle impulsion et permettre de créer des dynamiques territoriales à la bonne échelle, dans lesquelles l’Anru s’inscrira naturellement.