Ian Brossat - adjoint à la maire de Paris : « L'habitat connecté : un moyen de mieux maîtriser les charges locatives »

Publié le 06/12/2016

Immobilière 3F vient de livrer, dans le 18e arrondissement de Paris, son premier immeuble « connecté » dont les logements intelligents permettent, entre autres, un suivi des consommations en temps réel par les locataires via une application mobile. Rencontre avec Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris, chargé du logement et de l’hébergement d’urgence.

Ian Brossat
Ian Brossat, ©Henri Garat / Mairie de Paris

Que vous inspire cette expérimentation ?

Les locataires font face à une augmentation continuelle des charges et de l’énergie. Les logements intelligents permettent de limiter la part du budget des ménages consacrée à l’énergie. Je me réjouis que la construction de nouveaux logements sociaux à Paris soit l’occasion de tester des solutions innovantes lorsqu’on sait que la facture énergétique annuelle des Parisiennes et des Parisiens s’élève à un milliard d’euros. L’enjeu énergétique est un enjeu social essentiel à mes yeux au regard du très fort lien entre l’augmentation du niveau des charges des locataires et les impayés de loyer qui exposent toujours plus de locataires à la perte de leur logement.
 

Cette opération respecte également le Plan Climat de la Ville de Paris et la RT 2012. En quoi est-ce important pour la municipalité ?

Le développement durable est au cœur des politiques menées par la Ville de Paris qui s’est fixée l’objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre du territoire d’ici 2050. Adopté dès 2007 et renouvelé à l’unanimité en 2012, le Plan Climat Énergie mis en œuvre par la Ville de Paris a fixé des exigences fortes en matière de qualité environnementale des nouveaux logements sociaux parisiens. Le niveau de performance énergétique exigé à Paris est d’ailleurs plus ambitieux que la réglementation thermique nationale RT 2012. A Paris, le logement représente 35 % de la consommation énergétique globale, c’est pourquoi, nous nous sommes engagé·e·s avec la Maire de Paris à réduire de 30 % les consommations des locataires du parc social d’ici 2020.
 

On évoque de plus en plus l’émergence de « Smart Cities ». Quelle est votre vision d’une ville intelligente ?

Une ville intelligente doit être inclusive, c’est-à-dire au service de tous les habitants et de toutes les habitantes quels que soient leurs niveaux de ressources. C’est pourquoi la charge énergétique ne doit être en aucun cas un obstacle à l’accès à un logement abordable. Le mandat que j’ai, tout autant que mes convictions profondes, m’engagent à lutter contre cette forme de précarité que connaissent trop de Parisiennes et de Parisiens, lorsqu’en 2016 à Paris, 54 000 ménages consacrent plus de 10 % de leurs ressources au paiement de leurs factures d’énergie.