© Charly Broyez

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L’utilisation alternative de la matrice dans un sens puis dans l’autre confère son identité propre à chacune des maisons jumelles. Un détail dans la façade de chacune d’elles rappelle sa jumelle. Un petit effet plastique supplémentaire qui joue parfaitement avec le soleil ! ©NOE

L’utilisation alternative de la matrice dans un sens puis dans l’autre confère son identité propre à chacune des maisons jumelles. Un détail dans la façade de chacune d’elles rappelle sa jumelle. Un petit effet plastique supplémentaire qui joue parfaitement avec le soleil ! ©NOE

Le projet s’inscrit à l’échelle des maisons environnantes, sur la rue du Progrès…

Le projet s’inscrit à l’échelle des maisons environnantes, sur la rue du Progrès…

… tout en répondant aux contraintes de densité, avec des logements collectifs et intermédiaires sur la rue de la Cure d’Air ©NOE

… tout en répondant aux contraintes de densité, avec des logements collectifs et intermédiaires sur la rue de la Cure d’Air ©NOE

… et en créant un espace vert commun qui crée une transparence, avec un effet de place, qui interagit véritablement avec la ville. Pour converger vers cette petite place, deux jardins intérieurs séparent les logements intermédiaires des logements privés. ©NOE

… et en créant un espace vert commun qui crée une transparence, avec un effet de place, qui interagit véritablement avec la ville. Pour converger vers cette petite place, deux jardins intérieurs séparent les logements intermédiaires des logements privés. ©NOE

Nicolas Michelin, architecte urbaniste : «Oser l’ordinaire-extra»

Publié le 01/02/2018

Immobilière 3F vient de livrer la première tranche d’une opération de construction de 140 logements sociaux à Morsang-sur-Orge (Essonne) suite à la démolition de deux barres de 120 logements. Une réalisation placée sous le signe de « l’ordinaire-extra », un concept cher à Nicolas Michelin, architecte et urbaniste associé de l’agence ANMA et qui a séduit 3F, notamment Maxime Jagoda, le chef de projet de l’opération.

« Il est essentiel de comprendre que nous agissions dans un cadre contraint puisque nous devions démolir pour reconstruire et reloger nos locataires. Les contraintes de coût et de délais étaient donc particulièrement fortes. Toute notre ambition consistait à les respecter mais aussi à les dépasser pour faire vraiment un beau projet. » se souvient Maxime Jagoda. 

Le projet portait sur 69 logements construits en tranche 1 (pour 80 détruits) et 71 en tranche 2 (pour 40 détruits). Il s’est déroulé dans une logique de partenariat avec l’équipe municipale, très impliquée tout au long de cette démarche de renouvellement urbain novatrice.

Au départ, étaient deux barres, héritées des années 1960. Un patrimoine qui laissera donc place à 140 nouveaux logements, construits en deux tranches dont 3 bâtiments collectifs, 4 ensembles de logements intermédiaires et 15 maisons individuelles.

La question du relogement était donc essentielle et les habitant·e·s ont été étroitement associé·e·s au projet, des premières études de faisabilité à sa concrétisation.

 

Résonner avec l’environnement

« Ce cadre contraint explique que nous ayons opté pour un marché de conception-réalisation. Notre choix s’est très vite porté vers la proposition du groupement composé de l’agence ANMA associée à l’entreprise CMEG. C’était la première collaboration de 3F avec ces deux acteurs et le tout premier projet de CMEG en Île-de-France. Elle a donné lieu à une très belle réalisation, bien intégrée dans son environnement », explique Maxime Jagoda. 

Ce qui a fait la différence ? « Notre inspiration s’est nourrie de l’observation du site, en l’occurrence de la rue sur laquelle ouvrait la résidence », précise Nicolas Michelin. Le regard apporté par ANMA est celui d’un architecte mais aussi d’un urbaniste : chaque réalisation intègre une dimension urbaine et interagit donc avec son environnement. « Nous considérons qu’avant d’être remarquable par elle-même ou de traduire une mode ou une tendance, une opération réussie doit faire deux choses : s’intégrer harmonieusement et durablement à son environnement, d’une part, et offrir une réelle qualité de vie à ses habitant·e·s, d’autre part. J’aime à dire que nous pensons d’abord au lieu et aux usagers et usagères avant même la réalisation. Nous devons composer avec ce que j’appelle « le génie du lieu ! et c’est une exigence très inspirante pour nous », complète Nicolas Michelin. 

 

Exprimer toute la beauté du béton 

Le matériau préconisé par ANMA a contribué également à faire remarquer et choisir le projet. « Nous avons opté pour du béton préfabriqué en usine, matricé et teinté dans la masse, un matériau pérenne, lisse et beau. Le béton offre un facteur d’isolation satisfaisant et une bonne qualité de façade directe. En outre, le fait de travailler avec des panneaux préfabriqués a permis d’optimiser les coûts tout en nous laissant la marge de manœuvre nécessaire pour personnaliser le rendu du bâti. Le savoir-faire de CMEG dans la fabrication et l’assemblage de ces murs préfabriqués a donné un vrai plus à notre projet », s’enthousiasme Nicolas Michelin. 

 

Soigner la noblesse de chaque détail 

C’est ce type de détails qui fait toute la différence et qui donne vie au concept d’« ordinaire-extra », le credo de l’agence. Parmi les autres détails qui rehaussent l’ordinaire de touches extraordinaires, la réalisation de Morsang-sur-Orge se distingue par la présence de vrais toits, la création de passages permettant de relier chaque logement à la rue du Progrès et d’une traverse très simple bordée d’arbres, conférant un effet de transparence à l’ensemble, sans oublier l’optimisation de l’espace de vie. « En concevant la réalisation, je voulais la penser comme un écosystème relié à la ville, raisonner en termes de composition urbaine et placer l’habitant·e au cœur du projet. Pour moi, l’organisation spatiale prime et la façade en est une résultante, l’extérieur découle de l’intérieur, en quelque sorte. » précise Nicolas Michelin. « Avec la municipalité, notamment le directeur de l’urbanisme, Philippe Paul, ANMA, CMEG mais aussi le bureau d’études PceTech, nous nous sommes vraiment trouvés sur l’obsession de la qualité d’usage.» conclut Maxime Jagoda. Une priorité qui marque également les travaux de la seconde tranche de 71 logements qui s’achèveront en 2019. Le jardin parachevant l’unité de l’ensemble sera construit à la toute fin. Comme le point final d’une belle histoire.

 

 « Quand le projet sera fini, je voudrais que les riverain·e·s aient l’impression qu’il a toujours été là. Je ne cherchais pas à faire un geste architectural. Pour moi, un beau projet d’architecture ne doit pas se voir au premier regard, il doit s’inscrire dans son espace urbain. » 

 

L’agence ANMA

Agence ANMA
© Camille Gharbi

Depuis sa création en 2001, ANMA développe, autour de Nicolas Michelin (à gauche), Cyril Trétout et Michel Delplace, des recherches et une production innovante dans les domaines de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage.

Basée à Paris, Bordeaux et Pékin, l’agence compte près de 60 collaborateur·rice·s – architectes, urbanistes et paysagistes. Sa pratique s’appuie sur des convictions fortes, des projets urbains « ultra-contextuels » témoignant d’une rigueur constructive et d’une volonté constante d’utiliser les énergies naturelles. 

Elle croise ses réflexions à toutes les échelles, entretient un dialogue fécond entre architecture, paysage et urbanisme et défend des positions audacieuses sur la fabrique de la ville, en encourageant notamment l’urbanisme négocié et l’habitat participatif.

L’agence est associée à des programmes de recherche avec l’Université de Montréal, l’Université de Shenyang en Chine et avec le groupe Eurhonet, association internationale de bailleurs sociaux autour du label Passiv Haus.

En février 2011, la proposition architecturale d’ANMA a remporté le projet du futur ministère de la Défense, à Paris. Livré en 2015, ce projet concentre les recherches et les développements menés à l’agence depuis 10 ans.

En 2012, ANMA a confirmé ses activités à l’international et notamment en Chine où elle a implanté sa première filiale à Pékin. 

Parallèlement à ses activités, l’Agence a créé, en 2013, la fondation d’entreprise ANMA/ F qui s’attache à remettre l’architecture et l’urbanisme au cœur des préoccupations de la société.

La fiche du projet

> Démolition de 120 logements, construction de 140 logements locatifs sociaux (90 PLUS, 35 PLAI et 15 PLS) et de 140 places de stationnement souterrain et aérien
> Deux tranches de 69 et 71 logements avec cours et jardins privés et jardin central traversant entre la rue du progrès et la rue cure d’air
> Maîtrise d'ouvrage : Immobilière 3F
> Marché de conception-réalisation attribué à l’Agence Nicolas Michelin et Associés, associé à l’entreprise générale CMEG
> Système constructif : béton préfabriqué par CMEG
> Labels : RT 2012 -10% et certification H&E profil A

 

1 projet, 5 dates

> Janvier 2016 : démolition du 1er bâtiment de 80 logements 
> Février 2016 : obtention du permis de construire  
> Juin 2016 – décembre 2017 : construction de la 1ère tranche : 
> Janvier 2018 : démarrage de la démolition du 2nd bâtiment de 40 logements 
> Juin 2018 – décembre 2019 : construction de la 2nde tranche